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La journée de la jupe
Quand je lis que ce film est rempli de clichés j'ai envie d'inviter ces fins critiques dans un établissement de ZEP. Pour être enseignant sur zone de remplacement depuis huit ans dans le 93, j'ai rencontré des quantités d'élèves qui vivent au quotidien leurs propres stéréotypes. Formatés par une image indigne et orgueilleuse d'eux-mêmes, bercés dans une colère fiévreuse et démagogique nauséabonde.

Là où j'ai enseigné (ou que j'ai fais de la garderie), j'ai rencontré des élèves aussi débiles, brisés, analphabètes et sauvages qu'on le voit dans "la journée de la jupe". Ce film m'a bouleversé parce qu'il met les pieds dans le plat à salades, ces salades que le gouvernement et l'éducation nationale nous vendent depuis des années, avec des programmes qui ne fonctionnent pas, des enseignants gauche-caviard démagogiques et récemment les demandes de falsifier nos notes pour que celles-ci ne paraissent pas trop basses. L'école à deux vitesse est une réalité, certains établissements sont devenus des no-man's lands comme on le voit dans cet excellent film. Si vous pensez que l'école se passe encore comme dans "le Petit Nicolas", c'est que vous êtes coincé dans un stéréotype anachronique... en tout cas pour 95% de la France.
 
Mr Nobody
Mr Nobody est LE film que j'attendais et dont j'ai rêvé depuis dix ans ! La physique quantique et les dimensions parallèles, la notion de choix, la théorie des cordes sont des thèmes qui me sont chers. J'ai relativement jubilé de voir partir une dizaine de personnes pendant le film alors que d'autres commençaient à rire nerveusement tant ils ne comprenaient rien à l'histoire de Mr Nobody. Les pires personnes demeurent celles qui vont voir le film pour les beaux yeux de Jared Leto ou encore ceux qui déclarent que Van Dormael ne maîtrise pas son sujet -ces génies du public ou de la presse se sont-ils parfois remis en question ?

Un scénario comme celui-ci propose un déroulement de toutes les situations qui découleront du choix qui doit être fait : celui de Némo confronté à la question "avec quel parent choisis-tu de rester ?" Toutes les options se déroulent avec une poésie et des métaphores visuelles bouleversantes qui s'opposent parfois (la vie vue par un trou de serrure / l'appartement en une seule pièce et dont le seul mur est recouvert de photos de ciel bleu), proposent l'approfondissement des personnages (robe jaune pour la femme asiatique, couleur de l'infidélité) ou des détails encore moins perceptibles mais d'autant plus émouvants lorsqu'ils sont découverts (dès que la théorie des cordes s'applique à une scène, la musique est jouée... par des instruments à cordes : quatuor à corde, guitare, piano).

Le temps perçu comme une illusion (théories du Big Bang et du Big Crush) rappellent Benjamin Button mais la comparaison s'arrête là, les deux oeuvres sont magnifiques et ne sauraient s'opposer mais plutôt se compléter. Le film n'en finit pas de donner des indices sur l'intrigue, se permettant quelques citations cinématographiques (la maison en bois pourri et le poisson issus de "Big Fish", l'avion jouet de "Toto le héros") insistant sur les points récurrents de la narration chez Van Dormael : l'amour pur entre enfants, la séparation parentale, l'enfant narrateur, l'histoire contée sous la forme d'un roman initiatique, les obsessions transgénérationnelles...

Ce film est un chef-d'oeuvre subtile et tant pis pour ceux qui n'ont pas su s'en rendre compte !
 
Mr. Nobody - ma note pour ce film :
Réalisé par Jaco van Dormael
Avec Jared Leto, Sarah Polley, Diane Kruger, ...
Année de production : 2009
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